Témoignages et récits

Enrichissement de l’expérience parentale et l’empowerment des familles

« À la Maison de la famille, il y a de la place pour dire ce qu’on pense et ce qu’on sent. Ici, on est écouté pis accepté comme on est. On parle de ce qui est important pour nous. Comme la fois où Sylvie nous est arrivée en contant que son grand ado était rentré ben tard la veille. Il y en a qui ont raconté comment ça se passait avec leurs adolescents pis comment ils étaient eux quand ils étaient adolescents. J’pense que le sujet va revenir au déjeuner-causerie dans pas long! »

 

« Quand les mains sont occupées, la parole se délie. Lors de nos activités de bricolage, on parle un peu de tout. C’est souvent moins menaçant pour certains parents que des ateliers qui ont le mot “parental” dans leur titre. Alors, en parlant, certains trucs et confidences sont échangés et, de façon naturelle, les parents se mettent à réfléchir sur des aspects de leur vie personnelle et familiale. »

 

Milieux de vie

« J’ai commencé à fréquenter la Maison de la famille quand j’étais une jeune maman avec mes deux filles. Squatter (j’veux dire venir régulièrement, mais sans horaire) m’a permis de briser l’isolement et de créer des liens durables avec les mamans, les animatrices et la coordonnatrice. Je ne participais pas aux activités ni ne m’impliquais dans le financement. Je faisais toutefois du bénévolat quand il y avait des besoins. Ça fait maintenant plus de huit ans que je fréquente l’organisme. Parfois ça été régulièrement, parfois sporadiquement, parfois beaucoup moins. C’était selon mes projets d’études, de travail, de voyage. Je sollicite parfois le soutien de la coordonnatrice de la Maison de la famille pour m’orienter lorsque je rencontre des obstacles pour mes projets ou que j’ai à prendre des décisions. La Maison de la famille, c’est un milieu nourrissant et stimulant qui accueille mes expériences et mes compétences. »

 

« En entrant à la Maison de la famille, nous avons été accueillies par ces mots : “Comment tu t’appelles?”. Une fois que nous avons dit notre nom au tout jeune garçon qui nous avait accueillis, il nous a demandé : “Veux-tu voir où je joue?”. Enchantés, nous l’avons suivi dans chacune des pièces de la Maison de la famille, même dans les toilettes, où, faisant une pause à chaque endroit, il nous expliquait ce qu’on y fait (sollicitant sa mère, participante, bénévole et membre du CA, celle-ci tout en sourire, pour compléter de quelques informations). Il nous a ainsi guidés de pièce en pièce avec assurance, fier de tout montrer et heureux de partager ces instants. »

 

L’histoire de Marie

« Je me revois à la fin de ma première activité organisée par la Maison de la famille. Tous les parents sont partis. L’équipe est en train de ranger le matériel et de plier des tables. Je suis là avec, sur la tête, le chapeau que l’on s’est bricolé dans la journée. Ma tête et mon corps me disent que je ne veux pas partir. Pas tout de suite. Il faut que je parle à quelqu’un. Francine, une des employées, est là tout près de moi. Et là, ça sort. Je lui dis que j’ai trois enfants, dont un bébé… Que ma mère m’a dit que je ne serais pas une bonne mère… Qu’avec le vertige de toutes ces responsabilités, je capote. Ça fait juste sortir. Je raconte mes stratégies pour encourager mes enfants à manger des légumes. Je parle et je parle. Francine m’écoute. Tous autour de nous continuent de ranger, mais Francine m’écoute. Puis, elle me dit : « Ça va bien aller. Regarde, moi non plus je ne savais plus quoi faire. On fait avec qui on est. » Ça m’a fait tellement de bien! Je ne me suis pas sentie jugée. Elle m’a fait sentir que même si je me trompais, j’étais quelqu’un et j’étais capable d’être une mère. Quand je suis repartie de là, je me suis dit, moi, je vais revenir à la Maison de la famille. Elles vont m’y voir souvent. »