Histoire des OCF

Une culture de coconstruction des savoirs qui s’inscrit dans l’histoire des ocf depuis plus de 50 ans

Depuis la création de leur fédération, les OCF se sont rassemblés régulièrement pour mettre en commun leurs expériences et leurs savoirs en accompagnement des familles. Avec une visée de transformation sociale, ils partageaient aussi les aspirations qu’ils avaient pour les familles. Avant même qu’ils en portent le nom, ces espaces de parole, de codéveloppement des pratiques et de coconstruction des savoirs incarnaient déjà l’esprit de ce qu’est une CPS.

L’HISTOIRE DES OCF

Voici quelques moments phares dans l’histoire des espaces de parole, racontés par des pionniers du mouvement communautaire Famille.

Des années 1950 aux années 1980

L’union et la réflexion font la force

Dès les années 1950, la FQOCF (alors appelée la Fédération des unions de familles) conviait ses membres à des activités de discussion, à du travail en réunion et en comités.

« Nous avions à la base des gens habitués à se réunir, à se parler, à travailler en comités, à prendre des responsabilités et prêts à passer à l’action. […] Nous échangions nos impressions, nos expériences et apprenions à prendre une vision globale des problèmes familiaux. […] Avec les Unions de familles, de 1949 à 1959, nous avions formé des parents militants habitués à travailler en comités bien enracinés dans leur milieu. »

— Simonne Monet-Chartrand (dans Maintenant, 1971)

« Quand on avait des réunions à la Fédération, les gens du Saguenay ou les gens de l’Abitibi, ils n’avaient pas les mêmes problèmes que les gens de Montréal ou les gens de Québec, ou les gens de la Gaspésie. Mais il y avait un fil conducteur. Le fil conducteur, c’était dans le milieu de chacun. C’était de se dire entre nous : c’est quoi qui répond le mieux au bien-être des familles chez nous? »

— Colette Bédard (dans Andrée Rivard, 2014)

Des années 1980 aux années 1990

Les rencontres d’où émerge une vision commune

Porteuse des valeurs et de l’approche des Unions de familles, une nouvelle génération d’organismes communautaires voit le jour au tournant des années 1990 et opte pour l’appellation « Maison de la famille » ou « Maison des familles ».

« Les Maisons de la famille, ce sont des gens du terrain qui se sont mobilisés, milieu par milieu, pour les mettre sur pied. Le soutien que la Fédération leur a apporté, c’est de les avoir rassemblés et de leur avoir offert des occasions de partage et de réflexion. »

— Jacques Lizée (dans Andrée Rivard, 2014)

Monsieur Lizée a été directeur général de la Fédération de 1973 à 2002. À travers le Québec, dans le cadre d’une tournée de formation réflexive animée par Micheline Roy-Bournival, les personnes œuvrant dans les organismes membres de la FQOCF se rassemblent pour échanger sur ce que devrait être une Maison de la famille, sur la place qu’elle devrait prendre dans sa communauté, etc. Des sessions de formation provinciales et des congrès annuels permettent aux organismes de poursuivre cette réflexion. Grâce à la mise en commun des savoirs, Micheline Roy-Bournival produit, en 1992, le livret Création d’une Maison : rêve, projet et réalité, un outil d’accompagnement et de référence pour les membres de la FQOCF. Un an plus tard, ils adoptent une définition de ce qu’est une Maison de la famille. La FQOCF organise par la suite des rencontres nationales « d’échanges et de réflexions » sur le thème Les Maisons de la famille et la solidarité à l’aube de l’Année internationale de la famille.

« La richesse des contenus nous rejoint dans notre vécu. Nous sommes fiers d’apporter aux autres maisons notre propre expérience. Ça nous donne de l’énergie pour poursuivre notre mission. »

« C’est un temps de ressourcement apprécié, nécessaire et bénéfique pour notre travail. On partage une vision commune : LA FAMILLE. On ressent de la solidarité. »

— Témoignages de membres (dans Micheline Roy-Bournival, 1994)

Fin des années 1990 à aujourd’hui

Une identité collective qui s’affirme

En 1997, donnant un nouveau souffle à leur démarche identitaire, les membres de la FOQCF adoptent collectivement l’appellation « organisme communautaire Famille ». Au fil des années qui suivront, leurs réflexions permettront de définir ce qu’est un OCF, d’affirmer leur expertise et de reconnaître la spécificité de leur approche. En 2000, les membres de la FQOCF affichent aussi leurs revendications et leurs aspirations pour les familles dans leur Manifeste sur la famille : la vitalité de la société dépend de la vitalité de la famille! Collectivement, investissons au bon endroit. Parallèlement, un comité provincial de travail est mis en place par la FQOCF pour mettre en commun les savoirs et les expériences des OCF dans le domaine de l’éveil au monde de l’écrit et, plus largement, dans celui des littératies familiales. De 1999 à 2009, les OCF rassemblés dans ce nouvel espace de parole créeront plusieurs outils sur le sujet.

En 2002, après avoir renommé leur fédération la « Fédération québécoise des organismes communautaires Famille », les membres entreprennent l’ambitieux projet de se doter d’un cadre de référence. Le Cadre de référence sur les pratiques d’action communautaire autonome Famille (ACAF) sera adopté en 2008.

« Un des premiers aspects nommés a été “Jamais sans les parents”. Ce fut une des choses que les personnes qui œuvraient dans les OCF avaient le plus de facilité à dire. Mais qu’est-ce que c’est de l’action communautaire Famille? Comment on se rattache aux notions d’éducation populaire qui sont soutenues par la plupart par des domaines d’action communautaire autonome? […] C’est tout le monde qui s’est mis ensemble pour élaborer, pour mieux définir les contours de l’action communautaire autonome Famille. »

— Marie Rhéaume (dans Andrée Rivard, 2014)

Madame Rhéaume a été directrice générale de la FQOCF de 2002 à 2008. Entre 2008 et 2010, forte des savoirs rassemblés dans son cadre de référence, la FQOCF commence dans quelques régions la mise en place d’ateliers réflexifs sur « L’enrichissement de l’expérience parentale et l’empowerment des familles », « Les OCF, des milieux de vie » et « L’éducation populaire et les actions individuelles et collectives ».

« Réunir différentes Maisons des familles nous fait voir autres choses, différentes façons de faire et différentes réalités qui ne peuvent que nous aider à grandir. »

— Une participante des ateliers réflexifs

En 2011, la FQOCF lance le projet AGORA — Valoriser, connaître et enrichir les pratiques d’action communautaire autonome Famille. La première phase de ce projet (2011-2015), par le déploiement de CPS dans toutes les régions du Québec, aura permis l’élaboration de la Trousse de référence et d’animation sur l’action communautaire autonome Famille.

La seconde phase du projet AGORA (2016-2018) aura permis d’accroître la reconnaissance de la contribution de l’action communautaire autonome Famille dans les communautés et auprès des décideurs publics et témoigner de l’expérience des familles qui fréquentent les organismes communautaires Famille.

Témoignages

« L’accueil, c’est le point central chez nous … C’est ça pour nous, un milieu de vie : ce qu’on crée et ce que l’on vit avec les familles et notre grande équipe. »

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